The Knight's Notebook

L’attaque à la découverte : une pièce bouge, une autre frappe

Dans une attaque à la découverte, une pièce s’écarte et démasque l’attaque de la tour, du fou ou de la dame placés derrière elle. Si la pièce qui bouge crée aussi une menace, deux menaces arrivent d’un seul coup ; dans un échec double, la forme la plus forte, le roi est obligé de bouger.

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Qu’est-ce qu’une attaque à la découverte ?

Les tours, les fous et les dames attaquent le long de lignes, et toute pièce placée sur une de ces lignes la bloque, même si c’est l’une des vôtres. Déplacez cette pièce, et celle qui était derrière attaque maintenant ce qui se trouve au bout de la ligne : c’est une attaque à la découverte. Elle devient dangereuse quand la pièce qui bouge crée sa propre menace, une prise, un échec ou l’attaque d’autre chose. L’adversaire fait alors face à deux menaces et n’a qu’un coup pour y répondre.

Dans la base d’exercices de Lichess (6,2 millions d’exercices), 5,1 % des exercices ont pour thème l’attaque à la découverte, et 0,5 % l’échec double. Les attaques à la découverte sont aussi l’un des dix thèmes de 300 exercices d’échecs, avec trente exercices d’environ 600 à 1800 Elo. Trois termes à connaître :

  • Attaque à la découverte : la pièce démasquée attaque une pièce adverse.
  • Échec à la découverte : la pièce démasquée fait échec, si bien que la pièce qui a bougé est libre d’aller où elle veut.
  • Échec double : la pièce qui a bougé et la pièce démasquée font échec toutes les deux, et seul un coup de roi peut y répondre.

Trois signaux d’une attaque à la découverte

  • Une de vos pièces se trouve entre votre tour, votre fou ou votre dame et une cible adverse : une pièce mal protégée, la dame ou le roi.
  • Cette pièce peut bouger avec sa propre menace : une prise, un échec ou l’attaque d’une seconde cible.
  • La cible est le roi. C’est alors un échec à la découverte, le plus fort de tous : la pièce qui bouge peut aller n’importe où, même sur une case où elle peut être prise.

La difficulté, c’est que l’attaque reste invisible tant que la pièce n’a pas bougé. On regarde ce que chaque pièce attaque, pas ce qu’elle cache. Suivez donc les lignes de vos tours, de vos fous et de votre dame, et regardez les pièces placées devant elles, les vôtres comprises.

Deux exercices tirés de vraies parties

Un fou qui bouge avec échec

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Les Noirs jouent. Classement de l’exercice : 607. Le fou d4 se trouve entre la tour d7 et la tour d1.

Le fou noir gêne sa propre tour, alors 1…Fxf2+ prend un pion avec échec et, en quittant d4, démasque la tour d7, qui attaque maintenant la tour d1. Les Blancs doivent d’abord parer l’échec : après 2.Rxf2, 2…Txd1 gagne la tour, et les autres coups de roi n’y changent rien. C’est l’échec qui fait tout : après un coup de fou tranquille, la colonne ouverte jouerait dans les deux sens, et les Blancs prendraient d’abord la tour d7.

Un cavalier qui bouge avec échec

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Les Blancs jouent. Classement de l’exercice : 1228. Le cavalier f4 se trouve entre la tour f1 et la dame noire en f5.

Ici, le cavalier bouche la colonne f. 1.Ch5+ le déplace avec échec, et la tour f1 attaque maintenant la dame. Les Noirs doivent parer l’échec, par exemple par 1…Rg6, et 2.Txf5 prend la dame. Le roi peut reprendre la tour, mais les Noirs ont donné leur dame contre une tour.

Le coup tentant est l’autre échec de cavalier, 1.Cxe6+?. Il démasque lui aussi la tour, mais la dame répond 1…Dxe6! : elle prend le cavalier qui a fait échec et quitte la colonne f du même coup. Ce sont alors les Noirs qui gagnent.

Avant une attaque à la découverte, vérifiez que l’adversaire ne peut pas parer les deux menaces d’un seul coup, par exemple en prenant la pièce qui a bougé.

Échec à la découverte et échec double

Quand la pièce démasquée attaque le roi, la pièce qui bouge peut aller n’importe où, puisqu’il faut d’abord parer l’échec. Dans un exemple commenté de notre livre d’exercices, un pion blanc en d5 bouche la diagonale d’un fou b3 qui vise le roi en g8. 1.d6+ ouvre la diagonale avec échec et attaque en même temps un fou en e7 ; après 1…Rh8, 2.dxe7 le gagne.

L’échec double va encore plus loin : la pièce qui bouge fait échec, elle aussi. Aucun coup ne peut prendre les deux pièces qui font échec ni boucher les deux lignes à la fois : le roi doit bouger, et s’il n’a aucune case sûre, c’est mat. Un piège de la partie écossaise, l’un des dix de L’Écossaise en douze leçons, le montre dès le neuvième coup : 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 d5 4.Cc3 dxe4 5.Cxe4 Fg4 6.Fe2 exd4 7.Cxd4 Fxe2 8.Dxe2. Le cavalier d4 n’a aucun défenseur, et les Noirs le prennent par 8…Dxd4??.

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Après 9.Cf6+, les Noirs jouent. Le cavalier f6 et la dame e2 font échec tous les deux.

9.Cf6+! fait échec depuis f6, et en quittant e4 le cavalier démasque la dame sur la colonne e. Deux échecs à la fois : le roi doit bouger, 9…Rd8 est sa seule case, et 10.De8# est mat, la dame étant protégée par le cavalier. Prendre plutôt avec le cavalier, 8…Cxd4??, perd encore plus vite : 9.Cf6#. Vous retrouverez ce piège avec deux autres dans notre article sur les pièges de l’Écossaise.

Comment exercer son œil

Avant chaque coup, suivez les lignes de vos tours, de vos fous et de votre dame. Si une de vos pièces se trouve devant elles, demandez-vous où elle pourrait aller avec sa propre menace, et ce que la ligne toucherait une fois ouverte. Faites de même pour l’adversaire : une tour ou un fou adverse qui vise votre roi ou votre dame à travers une seule pièce doit vous alerter.

Puis résolvez des attaques à la découverte sur papier, en écrivant toute la ligne avant de regarder la solution. Les deux exercices ci-dessus sont gratuits, avec dix-huit autres, dans notre étude Lichess. Notre article sur le clouage et l’enfilade traite des autres tactiques de ligne, et chaque cahier The Knight’s Notebook apporte soixante exercices à votre niveau chaque mois.